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Sin
Palabras, une passerelle
entre le <<son>> et la techno
Le Monde. Mis
à jour le jeudi 27 avril 2000
LA
HAVANE de notre envoyé spécial
Si
le rap commence à passlonner une génération de jeunes Cubains - des
groupes comme Proyecto F, Estilo Fantastico ou Amenaza (avant qu'ils
s'exilent an France at prennent le nom de Orishas) -, [a techno n'en est
encore qu'à ses balbutiements. Et c'est un Français, Jean-Claude Gué,
qui lui fait pousser ici ses premiers cris. Il y a cinq ans, après
avoir revendu la station de radio qu'il possèdait à Lyon, cet ancien
DJ est venu se ressourcer à La Havana. Il y a constaté la ringardise
de la dance music programmée dans les night-clubs locaux, regretté le
retrait des rythmiques de la salsa, découvert avec émerveillement la
puissance hypnotique des musiques de transe yurubas. Aidé par un des
percussionnistes réputés de I'île, Eduardo Lazaga - an vacances du
groupe salsa-funk, la Charangua Habanera -, il a imaginé des
rapprochements entre las racines cubaines et l'avant-garde des beats électroniques
pour les formaliser sous le nom do Sin Palabras (sans paroles)
A
Cuba, rien ne peut se faire sans I'assentiment des autorités.
Jean-Claude Gué convainc done le Centre d'investigation et de dévaloppoment
de musique cubaine d'agréer son projet <<Musica del futuro
>>. Le home studio et le local de répétition de Sin Palabras
deviennent ainsi des lieux. de formation. Avec l'un des seuls vrais DJ
de La Havana, Mandi, Jean-Claude Gué initie les volontaires à I'art
des platines et du sampling. Le succès est si encourageant que des
matinées techno ont lieu dans des petits clubs do la ville. Le groupe
deviant aussi un pôle d'attraction pour la scéne culturelle
alternative.
ANCESTRAL ET FUTURISTE
Aprés une première tentative décevante - I'album House of Drums -,
Sin Palabras publie en 1999 Orisha Dreams, fusion plus convaincante de
transes ancestrales at futuristes. Sur disque, la musique de son groupe
pout parfois souffrir du décalage de moyens avec la scène occidentale
; elle prend sa revanche sur scène avec, I'apport des percussionnistes
at des chants yurubas.
Malgré
les tracas administratifs, Jean-Claude Gué n'est pas près de renoncer
à son bonheur cubaln. Il sait an revanche qua son avenir artistique
passe par l'exportation. Le groupe a tenté une premibre tournée en
Europe et devrait renouveler l'expérience cat été avant de
s'aventurer aux Etats-Unis. <<Pendant cinq ans, explique le Français,
j'ai soutenu financièrement à bout do bras ce projet. Pour continuer,
il nous faut trouver un nouvel équilibro économique.>>
Stéphane
Davet
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